COUP DE PROJECTEUR DU MOIS


 Les coups de projecteur des mois précédents sont archivés dans Parcours de Mémoire.

 

Février 2018

Ils sont revenus vivants

Émilien CONSTANS

C’est le frère de Benjamin dont nous avons déjà raconté le parcours de guerre au mois d’août 2017.

Fils de Louis CONSTANS et Delphine DELPUECH, il est né à Trélans, le 9 janvier 1886, donc classe 1906, matricule 437. Son registre matricule mentionne quatre prénoms : Marie, Émilien, Jean Baptiste, Édouard. De l’utilité de noter tous ces prénoms, fait prisonnier le 27 mai 1918 à Paissy dans l’Aisne, c’est sous son premier prénom, Marie, que l’on retrouve sa fiche dans les archives en ligne du CICR (Comité International de la Croix Rouge).

 

Émilien figure dans la liste, en quatrième position en partant du bas du tableau.

Cette fiche nous indique qu’il a été fait prisonnier au camp de Cassel (Kassel depuis 1926). Dans cette ville allemande de Hesse,  actuellement réputée pour son université et pour sa grande exposition d’art contemporain la Documenta,  se trouvait alors un camp qui pouvait détenir jusqu’à 19 000 prisonniers. En 1915 deux  épidémies de typhus y furent particulièrement meurtrières, heureusement Émilien est arrivé plus tard. Il est cependant revenu très éprouvé par ces quelques mois passés en Allemagne,  après quatre ans de guerre sur le front. Il était bénéficiaire d’une pension de 10 %  pour problèmes respiratoires (bronchite emphysémateuse), révisée en 1962 pour aggravation et portée à 30%.

Sur le site prisonniers de guerre 14/18 de Cécile Perdigon, on trouve des renseignements sur ce camp.  Sur le site Chtimiste, on peut voir une vingtaine  de photos de prisonniers  de Cassel.

Revenons en arrière, lorsque  Émilien se présente devant le Conseil de Révision, il est cultivateur. Son registre matricule le décrit ainsi : cheveux et sourcils châtain fonçé, yeux gris, front large, nez ordinaire, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1 m 69 . Degré d’instruction 3.

Émilien effectue son service militaire de 1907 à 1909, dans le 17ème Bataillon d’Artillerie à pied, il est deuxième canonnier servant.

Il est rappelé lors de  la mobilisation générale du 4 août 1914, dans 3ème Régiment d’Artillerie Coloniale, puis à partir du mois de mars 1916  dans le 2ème RAC  et enfin dans le 1er RAC le 15 août 1917.  Ces régiments ont participé à la bataille de la Marne de septembre 1914, ensuite ils ont stationné en Champagne où ils se sont battus au Fortin de Beauséjour, à la Main de Massiges. En juillet 1916 le 2ème RAC est engagé dans la terrible bataille de la Somme. À Paissy, au sud du Chemin des Dames, c’est au cours d’une violente attaque de l’ennemi, le 27 mai 1918, qu’Émilien est fait prisonnier.

Rapatrié de Kassel le 12 janvier 1919, il s’installe en Lozère. Il devient meunier près de Chirac où il décède le 26 juillet 1969. Ses descendants exploitent toujours le Moulin de Colagne .