Parcours de mémoire

Index des Coups de projecteur


Apparitions à  Lenne

Cérémonie du 11 novembre  à Trélans

 Citation et hommage de la presse : Antoine MAS

Citation et Hommage de la presse: Joseph RODIER

Citation et hommage de la presse: Louis VERLAGUET

Citation et hommage de la presse: Joseph VERLAGUET

Citation et hommage de la presse : Antoine VERNHET

Citation et Médaille : Louis ASTRUC

Citations et Médailles : Joseph FOURNIER

Citations et Médailles : Jean Baptiste LADET

Citations et Médailles : Jean et Frédéric MARCILLAC

Citations et Médailles : Joseph NIEL

Citations et Médailles : Marius PARAYRE

Citations et Médailles : Émile PONS

Citations et Médailles : Marius VERLAGUET

Construction du Monument aux Morts : quatre parties

Correspondances de soldats :  Joseph ALAUX

Correspondances de soldats : Marius ASTRUC

Correspondances de soldats : Antoine COMMEYRAS

Correspondances de soldats : Jean Baptiste COMMEYRAS 

Correspondances de soldats : Jean Augustin MAJOREL

Correspondances de soldats :Jules MARBOEUF

Correspondances de soldats :Sylvain MARCILLAC

Curé de Trélans et soldat de la Grande Guerre : J B BELOT

Des trésors dans les greniers : Église de Trélans

Des trésors dans les greniers : photo d’un régiment

Des trésors dans les greniers : tickets de rationnement

Des trésors dans les greniers : Voeux de Bonne Année

Des trésors dans les greniers : Cahier d’écolier

Des trésors dans les greniers : Camp du Larzac

Des trésors dans les greniers : carte Saint Valentin

Des trésors dans les greniers : carte 1er avril

Des trésors dans les greniers : Pâques

Des trésors dans les greniers: cahier d’écolier

Des trésors dans les greniers: Monument aux Morts de Trélans

Hommage de la presse : Joseph ALLAUX

Il y a cent ans…en 1915, en 1916, en 1917

Monument aux Morts de St Pierre de Nogaret : Antoine RODIER

Nécropole de Metzéral

Soldats revenus vivants :

  • les frères ASTRUC
  • Antoine NIEL 

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 Juin 2017

La nécropole militaire de Metzéral ou comment un habitant du Haut Rhin, qui comme nous s’intéresse au passé, nous contacte et nous envoie ces trois belles photos de ce lieu où Marius VERLAGUET, soldat de Trélans, repose depuis la fin de la Première Guerre Mondiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les parents de Marius, qui ont perdu deux autres fils dans ce conflit, auraient sans doute ressenti une sorte d’apaisement de savoir Marius  inhumé dans cette nécropole « qui s’étale sur un coteau très verdoyant où le sapin est roi, le lieu est impressionnant et le coup d’oeil superbe. Pas un bruit, mis à part le souffle de la brise dans les conifères… » nous écrit Alain FRANÇOIS, auteur de ces photos.

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 Mai 2017

Ils sont revenus vivants

Antoine NIEL dit Guirol

Frère de Joseph NIEL « Mort pour la France » le 11 juin 1918.

Antoine est né le 11 février 1880, à Saint Pierre de Nogaret, il est le fils de Jean Baptiste NIEL et Marie BROS. Il décède en 1963.

Son registre matricule nous donne le signalement suivant :cheveux et sourcils châtains, yeux châtains, front découvert, nez long, bouche grande, menton rond, visage ovale. Taille 1m61.

Degré d’instruction : 3. Profession : cultivateur au moment de la conscription. Dès 1906, il est en région parisienne où il va faire une très longue carrière de charbonnier.

Antoine effectue son service militaire de 1901 à 1904, dans le 16e Escadron du Train des Équipages à Lunel. En 1902, il est soldat ordonnance.

En 1914, lors de la mobilisation générale, il rejoint le 100e Régiment d’Infanterie dès le 12 août. Il est fait prisonnier en Belgique à Ypres, il est interné en Allemagne le 2 novembre 1914 et ne sera rapatrié en France que le 6 janvier 1919 !

Il s’installe alors à Montreuil, où il va accomplir une longue carrière de charbonnier chez Madame veuve ARMANDIE,  négociante en combustibles à Montreuil, 6 avenue Paul Signac.

Le 28 janvier 1962, à l’âge de 82 ans, il reçoit dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne « la Grande Médaille d’Or du Travail et du vase de Sèvres offert par le Général De Gaulle, Président de la République »

Cette belle cérémonie nous est racontée dans un article de journal conservé par la famille.

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 Avril 2017

Voici les deux dernières citations que nous avons reçues de la caserne Bernadotte à Pau, centre d’archives de l’Armée. Pour un certain nombre de soldats inscrits sur le Monument aux Morts de Trélans, il n’y a pas de dossiers car ils ont été perdus.

A partir du mois prochain, nous évoquerons le parcours de Poilus originaires  de Trélans, revenus vivants.

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Mars 2017

Durant l’année 1917, on procède à l’appel par anticipation de la classe 1918. Est concerné par cet appel, un soldat né à Trélans, habitant à Lattes et dont le nom ne figure sur aucun Monument aux Morts, ni dans la base Sépultures de Guerre. Il s’agit de Jean Antoine ALLAUX né le 14 avril 1898.

Sauvé de l’oubli grâce à la base de données du Ministère de la Défense : Mémoire des Hommes. Incorporé le 2 mai 1917, donc à l’âge de 19 ans, il est deuxième canonnier dans le 56e Régiment d’Artillerie, puis dans le 62e RA et le 2e Groupe d’Artillerie de Campagne d’Afrique. La guerre est terminée mais la démobilisation n’est pas encore effectuée, donc sa mort le 27 juin 1919, due à un accident de service, lui vaut le titre de Mort pour la France. On peut lire son histoire dans 24 destins.

Citations et Médailles : voici celles de Marius PARAYRE

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Février 2017

Citations et Médailles

Afin de poursuivre l’hommage aux soldats de Trélans    « Morts pour la France », il nous reste encore à publier 5 citations conservées par les Archives militaires.

Voici celle de Marius VERLAGUET et de Joseph FOURNIER.

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 Janvier 2017

Il y a cent ans…  déjà vingt morts parmi les jeunes hommes de Trélans, mobilisés pour la guerre.

En 1916, le village va déplorer  7 victimes , qui se rajoutent aux 13 morts des années 1914 et 1915. Il s’agit de :

  • Louis FAYET (1897-1916), 96e Régiment d’Infanterie, mort à Trélans de maladie.
  • Léon GAZAGNE (1885-1916), 1er Régiment d’Artillerie Coloniale. Mort à la bataille de la Somme.
  • Marius JAROUSSE (1896-1916), 52e Régiment d’Infanterie. Tué près de Belloy en Santerre, côte 80.
  • Baptiste LADET (1881-1916), 24e Régiment d’Infanterie Coloniale. Mort à Dompierre, Somme.
  • Marius LADET (1896-1916), 81e Régiment d’Infanterie. Mort de maladie à Trélans.
  • Frédéric MARCILLAC (1889-1916), 46e Bataillon de Chasseurs. Mort dans la Somme, à le Forest.
  • Émile PONS (1894-1916), 44e Régiment d’Infanterie Coloniale. Mort à Medzidli en Serbie
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  •  Décembre 2016

Citations et Médailles : Frédéric et Jean Pierre MARCILLAC

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Novembre 2016

Les frères ASTRUC revenus vivants de la guerre

Ils étaient au moins cinq frères mobilisés lors de la guerre. Deux sont inscrits sur le Monument aux Morts de la commune. Trois sont revenus vivants. Deux d’entre eux nous étaient familiers grâce aux archives COMMEYRAS, nous avons découvert le troisième au hasard des registres matricules.

Jean Baptiste ASTRUC

  • Né le 23 février 1886 à Trélans (Noubloux)
  • Fils de Jean Baptiste ASTRUC et de Félicité RODIER
  • Décédé à Gallargues dans le Gard, sans doute dans les années 60
  • Époux de Léonie COMMEYRAS, née à Trélans  ( Le Cun)
  • Père d’une fille, Paulette, future épouse Monet
  • Profession : menuisier

Papier à lettre à l’en-tête de la menuiserie de Gallargues, utilisé par Paulette, alors en vacances au Cun.

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Le registre matricule de Jean Baptiste ne nous donne pas sa description physique, seulement son niveau d’instruction : 2. Par chance nous avons sa photo trouvée dans le grenier de la maison COMMEYRAS au Cun.

Exempté du service militaire pour raison de santé, il est classé dans le service armé par le Conseil de révision du Gard du 17 décembre 1914 dans le 111e Régiment d’ Infanterie stationné à Antibes.

Classé dans le Service  auxiliaire le 25 juin 1915, il passe au 112e Régiment d’infanterie à Toulon

Mis à la disposition de l’artillerie navale à partir de 1916, il est affecté au 10e puis au 154e Régiment d’ Artillerie  à pied et enfin dans la Réserve, au 16e escadron du train des équipages

Il ne sera pas envoyé sur le front, mais il passe toute la guerre loin de sa famille, de sa femme et de sa fille. Il leur écrit régulièrement. Il reçoit régulièrement de mauvaises nouvelles : la mort de son neveu Joseph ALLAUX, celle de ses deux frères Augustin et Louis.

Marius ASTRUC

  • Né le 8 novembre 1896 à Noubloux
  • Fils de Jean Baptiste ASTRUC et de Félicité RODIER
  • Décédé en 1984

Prêtre dans le diocèse de Versailles, il est curé de Notre Dame de Blanc Mesnil. En 1963, après avoir été malade pendant l’hiver, il quitte cette paroisse devenue  une charge trop lourde et devient aumônier adjoint à l’hôpital de Versailles.

Son registre matricule nous donne la description suivante :  cheveux noirs, yeux marrons, nez vexe, visage large, taille 1m65, degré d’instruction : 3

Classe 1916, il est appelé par anticipation en avril 1915 dans le 96e Régiment d’ Infanterie, puis dans le 81e Régiment d’ Infanterie et en 1916, dans le 164e Régiment d’Infanterie. Il termine la guerre dans le 3e Régiment d’ Artillerie de Campagne.

Cité à l’ordre du jour de son régiment, il reçoit une très belle citation

« Soldat d’un courage et d’un sang froid remarquables. Exemple constant pour ses camarades. A donné de nouvelles preuves de ses belles qualités au cours des combats du 31 mai 1917 « 

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La carte qui représente le Ballon d’Alsace, a été envoyée par Marius à Léonie COMMEYRAS épouse de son frère Jean Baptiste.

Antoine ASTRUC

Si au moment de la conscription il et domestique dans la commune d’Aurelle,  dès 1912, il habite Paris où il est « camionneur » (celui qui conduit le camion, grand chariot à quatre roues  pour  le transport des marchandises). Il retourne à Paris après la guerre, et  il se fixe ensuite à Savigny sur Orge (Seine et Oise).

  • Né le 4 août 1888 à Noubloux (Trélans)
  • Fils de Jean Baptiste ASTRUC et de Félicité RODIER
  • Son registre matricule donne la description suivante :  cheveux et sourcils châtain foncé, yeux noirs, front découvert, nez moyen, bouche ordinaire, menton rond, visage ovale. Marque particulière : cicatrice légère au front à gauche. Degré d’instruction : 3

Il effectue son service dans le 9e Régiment d’Artillerie où il est trompette. Mobilisé en août 1914, il commence la guerre dans ce régiment, puis il passe au 256e Régiment d’Artillerie et au 56e Régiment d’Artillerie de Campagne. Il est blessé en 1917 par éclat d’obus à la jambe gauche.  Il reçoit cette belle citation :

 « Au front depuis le début de la campagne, a donné à maintes reprises des preuves de courage comme agent de liaison en particulier le 16 juin, en assurant son service sous un violent bombardement. A été blessé le 16 juin 1917 par éclat d’obus. »

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Octobre 2016

Citation et médaille : Louis ASTRUC

La famille  ASTRUC  de Noubloux a été durement éprouvée par la guerre : deux frères sont inscrits sur le Monument aux Morts de la commune, deux autres frères sont revenus vivants, mais ils ont connu  les  épreuves de la guerre. Le mois prochain nous retracerons le parcours de ces derniers : Jean-Baptiste et Marius.

Si l’on retrouve dans les archives militaires de la caserne Bernadotte à Pau, la citation de Louis, il n’en va pas de même pour Augustin. Et pour cause ! C’est qu’ Augustin a été tué au tout début de la guerre, avant même le déclenchement officiel des hostilités, lors de la triste affaire de Lagarde.

Rappelons qu’Augustin est le premier soldat de Trélans Mort pour la France.

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 Septembre 2016 

Jean Baptiste BELOT, curé de Trélans et soldat de la Grande Guerre

De 1914 à 1947, Jean Baptiste Léon BELOT fut curé de Trélans. Dès 1911, sa présence est mentionnée dans les recensements du village comme  vicaire. C’est pendant son long ministère qu’il s’occupa de la construction du Monument aux Morts de Trélans, construction dont nous avons raconté les différentes étapes durant les mois précédents. Encore aujourd’hui, plusieurs habitants du village ont gardé en mémoire la gentillesse et le dévouement de ce prêtre.

Il s’occupa d’autant plus activement de l’édification du monument en hommage aux soldats Morts pour la France, que lui-même avait été mobilisé de 1914 à 1918 et qu’il avait perdu un frère, tué à l’ennemi dans l’Aisne en avril 1917.

Né le 9 décembre 1874 aux Hermaux, village voisin de Trélans, classe 1894, lors de la conscription il est étudiant écclésiastique et à  ce titre il est « dispensé de service » et n’effectue qu’une seule année  de service militaire de 1895 à 1896, au lieu de trois ans. En 1898 il est réformé temporairement par la Commission spéciale de Mende pour pleurésie chronique. Mais en décembre 1914, après la mobilisation générale d’août, il est classé service auxiliaire par le conseil de révision de la Lozère.

Son registre matricule, mis en ligne par les archives de la Lozère, nous donne sa description physique : cheveux et sourcils châtains, yeux châtains, front couvert, nez long, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille 1,64 mètre. Son degré d’instruction est noté 3.

Le registre mentionne qu’il est surnommé « Ronc ». Le patronyme Belot étant très répandu aux Hermaux, l’usage du surnom est utile. Rappelons que ce patronyme est un diminutif de Bel ( beau). Ronc est un toponyme (variante Ron) très répandu en Ardèche et en Lozère où il évoque un rocher.

La famille est implantée aux Hermaux  depuis l’Ancien Régime. Prosper le père de Jean-Baptiste était cultivateur et maire de la commune. Sa mère, Eulalie Gély, descend elle aussi d’une famille installée aux Hermaux depuis très longtemps. Les recensements nous indiquent qu’elle a vécu avec son fils, et une de ses filles au presbytère de Trélans. Dans la grangette mitoyenne, le curé élevait une vache qu’il allait traire régulièrement.

Il meurt en 1949 aux Hermaux où il s’est retiré 2 ans auparavant. Il repose dans le cimetière près de l’église, dans la tombe familiale située au pied de la croix de pierre dite « croix des prêtres ».

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Août 2016

LA CONSTRUCTION DU MONUMENT AUX MORTS DE TRÉLANS

Quatrième et dernière partie : L’ épineuse question de la statue

Comme le mentionnait le curé Belot, le Comité avait pris contact avec la marbrerie Gourdon à Paris, dès le mois de février 1923. Il s’agissait non seulement de faire pression sur le maçon, mais surtout de se procurer une statue pour couronner l’édifice.

Commence alors au sein du Comité une valse hésitation qui va durer jusqu’au mois de novembre 1926.  La marbrerie Gourdon s’est spécialisée dans cette  nouvelle activité et fournit des communes un peu partout en France. Elle propose donc sur catalogue un large choix, soit des monuments complets « clés en mains », soit des statues diverses Poilu triomphant, Poilu mourant, Patrie, Jeanne d’Arc … bustes, médaillons … de toutes matières depuis le marbre jusqu’à la pierre silicatée, en passant par le galvano-bronze. Affaire de goût certes, mais aussi de budget.

Après avoir envisagé de commander un monument complet, « tout en granit gris, avec un panneau de marbre blanc et une statue de bronze… » devant le budget correspondant (12 000 francs), on s’oriente assez vite vers un monument en pierre silicatée. Mais la pierre silicatée résistera-t-elle au rude climat de Trélans ? Et puis Blancon le maçon va se mettre au travail il l’a promis !

la république

Dès lors, on décide de commander à la maison Gourdon seulement la statue. Dans un premier temps on choisit une statue représentant la Patrie.

Puis au mois de juillet 1924, le Comité opte finalement pour la statue du Poilu triomphant et demande un devis que l’entreprise transmet accompagné d’une illustration figurant le futur monument orné de sa statue. Le projet ne manque pas d’allure.

poilu triomphant

Ensuite, les choses restent en l’ état jusqu’en 1926. le Comité semble avoir du mal à se décider. Il faut dire aussi que les finances sont en baisse car les travaux de maçonnerie sont plus onéreux que prévu. Il reste en particulier à faire clôturer le monument par une grille, ce qui n’avait pas été prévu au départ. De plus les prix de la maison Gourdon ont fortement augmenté entre temps. Finalement, le 4 décembre 1926 le Comité passe commande d’un simple buste en galvano-bronze (technique consistant à projeter par électrolyse une fine couche de particules de bronze sur un moule en fer). Il s’agit du  Poilu lanceur de grenades, pour la somme de 1800 francs.

Poilu lanceur de grenade

La photo ci-dessus n’a pas été faite à Trélans, mais dans une commune de Loire Atlantique ayant choisi le même modèle. A Trélans il semble que le buste n’ait pas supporté les rigueurs du climat et a été retiré assez rapidement du monument qui est resté « nu » pendant plusieurs années ! En 1997, lors d’une première restauration de l’ouvrage, une sphère de pierre sera posée à la place du buste et les grilles seront supprimées.

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Juillet 2016

LA CONSTRUCTION DU MONUMENT AUX MORTS DE TRÉLANS

Troisième partie : Les souscriptions publiques de 1923

La souscription a été lancée auprès de tous les habitants de Trélans, de certaines personnalités locales, mais aussi auprès de natifs du village vivant à Paris.

La curé Belot répartit les souscripteurs en trois listes:

  • Première liste : les habitants de Trélans village: 515 francs et les hameaux de la commune : 1022 francs. Soit un total de 1537 francs.
  • Deuxième liste : les personnalités de la Lozère : 485 francs,  et les originaires de Trélans à Paris : 1430 francs. Soit un total de 1865 francs après retrait de 50 francs par l’abbé Périer!
  • Troisième liste : 310 francs. Qui a participé? L’abbé Belot ne précise pas la provenance de ces fonds. S’agit-il de retardataires ou d’originaires de Trélans vivant dans le Midi ?
  • Il faut enfin ajouter 800 francs donnés par la Commune, une partie de cette somme provenant sans doute de l’aide de l’État prévue par la loi de Finances de 1920 pour l’édification des Monuments aux Morts.

Si vous souhaitez avoir le détail de ces listes (identité des souscripteurs et montant donné par chacun) vous pouvez faire la demande via notre formulaire de contact.

Le curé Belot, au dos de ces listes, a griffonné fiévreusement des additions pour connaitre le montant atteint par les souscriptions. C’est qu’un monument coûte cher !

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C’est avec fierté que Basile Boissonnade adresse la somme de 1430 francs, ainsi que la liste des souscripteurs parisiens, au curé Belot. Mais il précise dans son courrier : « Je suis prié de vous dire que vous la rendiez publique en bien annonçant  le nom l’adresse et la somme de tous ceux qui y figurent de manière que chacun puisse se rendre compte que la somme qu’il a versée a été directement à sa destination. Vous transmettrez aussi la liste au correspondant du journal  l’ Auvergnat de Paris afin que soit porté sur ce journal le nom adresse et somme par chacun versée de manière que tous ceux qui sont à Paris en puissent prendre connaissance… »

souscription Paris

On admirera la mise en page et la calligraphie, sans doute l’oeuvre d’un spécialiste des registres de commerce.

Donc au total, le Comité a collecté 4512 francs de quoi payer le maçon Blancon. Mais le reste de la somme se révélera  insuffisant pour payer une statue, d’autant plus que le Comité va tergiverser de 1923 à 1926, et entre-temps, avec l’inflation, les prix auront fortement augmenté !

A suivre :

  • L’épineuse question de la statue
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Juin 2016

LA CONSTRUCTION DU MONUMENT AUX MORTS DE TRÉLANS

Deuxième partie:  Le choix d’un entrepreneur local et les premières difficultés

Le 18 mars 1923, le Comité signe un « Compromis pour le Monument aux Morts de la Guerre », avec un maçon nommé Joseph BLANCON, installé aux Hermaux.

Le maçon est chargé de construire le monument selon les instructions suivantes:

  • une plateforme « piédestal » de 2,20 à 2,30 m sur chacun des  côtés.
  • un fût taillé dans un bloc de granit de 1 m²  à sa base et de 80 cm² à son sommet, de 1,50 à 1,60 m de hauteur, avec à sa cime une corniche « double et simple »
  • un socle sur le sommet du fût pour recevoir la statue qui viendra couronner l’édifice.

La hauteur totale de la partie maçonnée de l’ouvrage atteindra donc 2,50 m.

Le coût des travaux est fixé à 2800 francs, fournitures comprises, payable en trois fois, dont le dernier tiers après l’exécution finale des travaux. Après avoir signé et encaissé une avance, le maçon disparaît et ne donne plus signe de vie pendant plusieurs mois.

Le curé Belot, qui avait peut-être pesé pour le choix en faveur de cet artisan (qu’il semble bien connaitre, rappelons que le curé est originaire des Hermaux), s’émeut de la situation et lui écrit le 4 août 1924, plus d’un an après la signature du compromis!

« J’ai l’honneur de vous rappeler que vous deviez nous faire notre monument pour la Toussaint de l’année dernière et que nous n’avons encore rien vu, aussi les gens de Trélans sont furieux contre le Curé, ils me demandent ce que je veux faire avec un pareil ouvrier…Devant le mécontentement général le Comité s’est réuni il y a 15 jours (puisque vous ne donniez pas signe de vie) et a décidé de faire venir un monument tout prêt de Paris et nous nous sommes mis en relation avec une marbrerie de Paris… Toutefois si vous voulez tenir votre parole nous allons suspendre ces relations… Mais il est bien entendu que si le 30 août 1924, les pierres ne sont pas descendues à Trélans et vous en train de les travailler, nous nous adresserons ailleurs…

Personnellement moi qui ai tout tenté auprès de mes gens, j’aimerai bien que vous leur montriez comment vous savez travailler le granit de chez nous. Tachez donc, Cher Ami, de vous y mettre tout de suite… »

Le Comité a décidé de s’adresser à une marbrerie de Paris! Mais quelle est donc cette entreprise?

lettre Gourdon

Voici l’en tête d’une des lettres reçues par l’abbé Belot. Les Marbreries Générales Gourdon, implantées à Paris depuis le XIXè siècle, qui exécutaient  tous travaux de marbrerie, se sont spécialisées dès 1922, dans la fourniture « industrielle » de Monuments aux Morts.

Commercialisés sur catalogue, les nombreux modèles de statuaire, sont combinés et déclinés dans différents matériaux et formats, ce qui permet de s’adapter aux moyens de chaque commune. Certains modèles d’inspiration saint-sulpicienne, notamment le Poilu triomphant et le Poilu mourant défendant son drapeau ont un tel succès qu’ils sont reproduits à plusieurs centaines d’exemplaires.

De 1922 jusque dans les années 1930, du nord au sud de la France et même en Guadeloupe, Martinique et Réunion, les Marbreries Gourdon ont ainsi fourni la statuaire pour couronner des centaines et des centaines de Monuments aux Morts. (cf le site: www.monumentsmorts.univ-lille3.fr qui répertorie les nombreuses communes ayant passé commande chez Gourdon)

Revenons à Trélans…où la lettre du curé s’est croisée avec un courrier du maçon daté du 2 août et envoyé depuis Combret et dans lequel il se dit prêt à débuter les travaux!

« Je suis à votre entière disposition pour commencer tout de suite, la pierre principale est tirée, s’il n’y a pas de contrordre je la dégrossirais sur place, puis je viendrais pour nous entendre pour la descendre dans le mois… »

Les travaux vont enfin commencer!

Mais à Trélans le mécontentement reste fort, d’autant plus que dès le début de l’année 1923, les habitants ont participé à la souscription publique organisée par le curé Belot.

À suivre:

  • Les souscriptions publiques de 1923
  • L’épineuse question de la statue
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Mai 2016

Histoire de la construction du Monument aux Morts de Trélans (1922-1927)

La statue ci-dessous, du Poilu triomphant, aurait pu orner le Monument aux Morts de Trélans. Ce projet a été abandonné. Que s’est-il passé ?

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Le dossier actuellement conservé à la Mairie, permet de retracer l’histoire de la construction de ce monument qui a été réalisé non sans difficultés. Malgré la participation de tous les habitants à des campagnes de souscriptions publiques, cinq longues années seront nécessaires pour surmonter les problèmes de financement, les atermoiements du « Comité du Monument aux Morts » sur le choix de la statue appelée à couronner l’édifice, ainsi que les retards dans l’avancement des travaux…

C’est à la fin de l’année 1922, comme dans la plupart des communes françaises que le Conseil municipal de Trélans décide d’élever un monument commémoratif à ses enfants Morts pour la France. Les lois de finances de 1919 et 1920, prévoyant l’aide de l’État avaient donné la première impulsion. Mais, c’est surtout la loi  du 22 octobre 1922 faisant du 11 novembre, un jour de fête nationale dédié à la commémoration des soldats morts pendant le conflit, qui va entraîner dans la France entière une immense vague de construction de ces monuments.

  1. Le Comité du Monument aux Mort

La première décision du Conseil municipal est de nommer, comme le prévoit la loi, un « Comité pour le Monument aux Morts de la commune de Trélans ». Outre le maire Monsieur Imbert, il compte parmi ses membres Messieurs Verlaguet, Cayrel Sylvain, Rodier et Bessodes.

C’est au Comité, en liaison avec le Conseil municipal, qu’appartient la responsabilité de définir un projet, de choisir les entreprises chargées de la réalisation, ainsi que de trouver les financements nécessaires.

Très vite, le Comité délègue une partie de ses fonctions à l’abbé Belot curé de Trélans. Choix justifié, l’abbé Belot a été  mobilisé pendant toute la durée de la guerre. Choix habile, car l’intercession du bon curé, sera la bienvenue lorsque s’ouvriront les campagnes de souscription. Jean Baptiste Belot né en 1874 aux Hermaux, sera curé de Trélans  jusqu’en 1947. Prochainement, nous retracerons  son parcours.

Par ailleurs ce choix témoigne, qu’à Trélans, après le « grand schisme » de 1894 qui avait divisé la population au sujet de la construction de la nouvelle église, le climat semble s’être apaisé. Il n’y a pas eu en tout cas l’affrontement qui a souvent existé dans bon nombre de communes sur le choix de l’emplacement, certains le voulant face à la Mairie, d’autres devant l’Église. L’emplacement choisi à Trélans fut celui d’une petite place animée avec un café. On déplaça une croix en grès rouge, érigée à cet endroit autrefois, en souvenir non pas de la peste, comme on le voit parfois écrit par erreur, mais du choléra, qui en 1859, causa un grand nombre de décès dans la commune.

Une seule réticence se manifesta : le 8 avril 1923, l’abbé Jean Périer né à Trélans, vint retirer 50 francs de la somme de 100 francs versée par lui même et sa famille « donnant pour raison que la somme de 100 francs avait été versée sous condition qu’on ferait le Monument aux Morts à l’intérieur de l’Église et non sur la place publique » !

À suivre :

  • Le choix d’un entrepreneur local et les premières difficultés
  • Les souscriptions publiques
  • L’épineuse question de la statue
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 Avril 2016
 Citation et hommage de la presse: Joseph RODIER

Lu dans  La Croix de Lozère de 1915, cet article nous ramène aux soldats revenus vivants de la Guerre.
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Nous avons retrouvé le registre matricule de Joseph RODIER, sur le site des archives en ligne de la Lozère. Il est le fils de François , et de Evelina MAZET. Il est né à Trélans, le 8 septembre 1892. C’est donc  un très jeune soldat qui part à la guerre. Le registre  mentionne  cette belle citation.

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Le registre apprend par ailleurs que Joseph a été blessé par éclat d’obus,  au lieu dit Le Mort – Homme, le 20 août 1917. Cette blessure à la cuisse droite a laissé des séquelles :  sciatique avec gêne à la marche, et fatigabilité. Joseph recevait de ce fait une pension.

En 1930, le registre indique encore que Joseph est titulaire du permis « auto ». Cela a peut-être un lien avec cette gêne occasionnée  par la blessure.

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 Mars 2016
Citation et hommage de la presse : Louis VERLAGUET

Peu de temps après la mort de Joseph, la famille VERLAGUET est à nouveau éprouvée. La Croix de Lozère rend hommage à Louis  dans un long article que l’on lira ci-dessous.

Les archives militaires nous ont fait parvenir la Citation de Louis qui figure après cet article.

P1040006P1040007P1040008P1040009Verlaguet Louis
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 Février 2016
 Citation et hommage de la presse: Antoine VERNHET

La Croix de la Lozère de 1915 annonce le décès d’Antoine VERNHET et retrace en quelques lignes l’histoire de ce Lozérien  établi à Paris où il travaille et où il a fondé une famille.

Sa veuve est doublement éprouvée : la mort de son mari a été suivie peu de temps après par le décès de son  bébé âgé de quelques mois.

La Croix de Lozère 6

Vernhet

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Il y a cent ans…

Début 1916, déjà plus d’un an de guerre et déjà 13 morts parmi les hommes  de Trélans mobilisés. En février 2015, dans la même rubrique: »Il y a cent ans… » nous avions cité les 6 soldats décédés début 1915 : Augustin ASTRUC, Jean Baptiste REVERSAT, Lucien RAYMON, Marius PARAYRE, Joseph ALLAUX  et Jules VERLAGUET.

Il faut en  rajouter 7 autres,  tués tout au long de l’année 1915 :

Jean Joseph BAUMEL, tué le 19 mars 1915 à Beauséjour, Marne

Joseph Augustin LADET, mort le 26 mai 1915 à l’hôpital de Montferrand, Puy de Dôme

Antoine MAS, tué le 22 mai 1915 à Minaucourt, Marne

Augustin RAYNAL, mort le 14 mai 1915 à Trélans

Louis VERLAGUET, tué le 15 juin 1915 à Beauséjour, Marne

Marius VERLAGUET, tué le 25 juin 1915 à Metzéral, Haut Rhin

Antoine VERNHET, tué le 5 avril 1915 à Vauquois, Meuse

Treize morts … on imagine aisément l’inquiétude dans la population du village. Dans les familles, on prie pour les décédés, mais aussi pour que  ceux du front reviennent sains et saufs et que la guerre finisse au plus vite. On attend des nouvelles avec impatience et la Poste joue un rôle important. On guette le courrier et on se demande si les colis parviendront à bon port.

Dans les fermes, les femmes et les vieux ont effectués pendant plus d’un an les travaux des champs, et ils espèrent le retour rapide des soldats.

La classe 1916 est partie par anticipation en avril 1915, et maintenant c’est au tour de la classe 1917 de partir avec un an d’avance.

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Le Monument aux Morts du village érigé en 1923 pour honorer la mémoire de ces victimes de la guerre, a fait l’objet à l’occasion du 11 Novembre 2015 d’une remarquable rénovation. Nous préparons l’histoire de la construction de ce monument…à suivre

P1040105

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Citation et hommage de la presse  : Joseph VERLAGUET

Aux Archives Départementales de la Lozère, en consultant la presse locale, on trouve des articles qui donnent une image émouvante de la population de Trélans confrontée aux conséquences de la guerre.

En raison de l’emprise du catholicisme en Lozère et de la position dominante de l’Église, « La Croix de la Lozère » avait une influence prépondérante dans le département.

Le journal paraissait chaque dimanche, entre 1889 et 1944.

P1030986

À Trélans, les abonnés étaient sans doute nombreux car  chaque  décès d’un soldat du village, donnait lieu à un article important.

Voici un extrait de l’article paru le 7 mars 1915, à la suite de la mort du soldat Jules Joseph VERLAGUET :

« Quatre jours après la mort d’Alaux, Joseph Verlaguet, le fils aîné de notre très sympathique conseiller municipal, était frappé mortellement d’une balle à la tête…

La vive douleur qu’a ressentie notre population à la nouvelle de la mort de ce martyr de la Patrie, est la meilleure preuve de l’estime qu’elle avait pour lui. C’était, en effet, un jeune homme très poli dans ses manières, ami de l’ordre, affectueusement dévoué à ses parents et aux siens, serviable pour tout le monde et, de plus, profondément chrétien. Il était le frère aîné d’une belle famille de sept garçons, dont trois sont actuellement sous les drapeaux. Son frère, Louis,  blessé, une première fois aux bras gauche et aux reins, et revenu en Belgique après quelques jours d’hôpital, a dû être évacué dernièrement à Biarritz pour refaire sa santé fortement ébranlée. 

Aux familles Verlaguet et Alaux, si cruellement éprouvées, nous offrons  nos bien sincères condoléances. »

Verlaguet Jules

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Citations et médailles :  Jean-Baptiste LADET

La citation de Jean-Baptiste LADET nous apprend qu’il était brancardier.Ladet

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Citation et hommage de la presse : Antoine MAS

Toujours dans La Croix de Lozère de 1915, l’hommage rendu à Antoine MAS.La Croix

Ci-dessous la Citation officielle concernant ce soldat.Antoine Mas

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Cérémonie du 11 novembre à Trélans

Année 2015

Un hommage a été rendu au cours de cette cérémonie aux 122 Poilus de Télans revenus vivants.

Alain REY a établi la liste de ces soldats

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Hommage de la presse : Joseph ALLAUX

Aux Archives Départementales de la Lozère, en feuilletant la Croix de Lozère, année 1915, à la recherche d’informations relatives aux apparitions de Lenne, la découverte de l’article suivant donne une image émouvante, des habitants de Trélans confrontés à la guerre et à la perte de ses jeunes hommes. Par ailleurs Joseph ALAUX nous semble plus « proche » car nous connaissons de mieux en mieux son histoire.

Pour chaque soldat « tombé au champ d’honneur », l’hebdomadaire réserve un hommage semblable. À suivre…

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Apparitions à Lenne 

Cinquième partie

Un passage aux Archives départementales de la Lozère, nous a permis de retrouver « la colonne de journal » que Rosalie envoie à sa soeur. C’est dans La Croix de la Lozère du 14 mars 1915, que nous avons trouvé l’article suivant.P1030996

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Citations et médailles : Joseph NIEL

Ci-dessous, la citation de Joseph NIEL, originaire de La Falgouse, un des plus âgés parmi les soldats mobilisés.

Niel

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Apparitions à Lenne 

Quatrième partie

Les apparitions de Lenne (voir actualités du mois de juillet) ont fait en leur temps, parler d’elles. Au moins un journal y a consacré « une colone » comme l’écrit Soeur Augustine à Rosalie, dans une lettre datée du 2 mai 1915.

Les lettres retrouvées dans le grenier de la maison COMMEYRAS sont une source d’information inépuisable qui à chaque nouvelle lecture réserve des surprises.

Apparitions

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Correspondances de soldats : Jules MARBŒUF

Quatrième partie

« Pensser bien que nous somme nés pour nous aimer et nous comprendre… »

Telle est la déclaration de Jules MARBŒUF à sa nièce Léonie depuis le Fort  de la Motte Giron le 19 février 1915. La lecture de cette lettre avec son orthographe incorrecte est amusante malgré les circonstances du moment.

Marbeuf 1 4

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Correspondances de soldats : Jules MARBŒUF 

Troisième partie

Le 8 juillet 1916, sur le front en Champagne, Jules MARBŒUF pousse ce cri de révolte :

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« …faire des sacrifice pareil pour une bande de malpropre qui nous on conduit où nous somme. l’heure du sacrifice n’a pas fini. il sera temps que notre Dieu si bon arrête une pareille choses. ayons toujours confiance il me semble que de ces grands combats en sortiras la paix. Nous sommes pas embitieu. Nous avons pas demandé à naitre. Nous voulons travailler en paix et gagner notre pain à la sueur de notre front. Nous avons pas la prétention du capitalisme. les orgueilleux je lai aïe… »

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Correspondances de soldats : Jules MARBŒUF 

Deuxième partie

Une épreuve supplémentaire pour les soldats sur le front: la mort des êtres chers à l’arrière. Jules MARBŒUF fait part de sa peine dans pareille circonstance.17 a

et Jules poursuit au verso de sa lettre:

« Depuis la mort de mon pauvre frère, elle avait voulu rester seule pour pleurer, pour se lamenter, ah oui, c’est la guerre qui me l’a ravie, elle et mon pauvre père, mon pauvre frère. Que m’arrivera-t-il ? moi qui était si sensible et que les larmes me venaient d’un rien, j’ai pas pu pleurer, mais cela m’a été cruel, surtout que je n’ai pas pu assister à ses derniers moments pas même à l’ensevelissement, on m’a remis mon télégramme un jour plus tard. Voilà comment on opère, ah c’est pas malheureux de voir briller l’horizon de la paix ! »

Sur le site « Mémoires des Hommes » on trouve la fiche de Jules François MARBŒUF, frère de Jules, mort pour la France. Jules François était deuxième canonnier servant dans le 11e Régiment d’Artillerie à Pied, il fut tué à l’ennemi le 12 mai 1917 à Moronvilliers en Champagne.

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Correspondances de soldats : Jules MARBŒUF 

Première partie

« Quand le coeur déborde… » ainsi s’exprime Jules MARBŒUF dans une lettre à sa nièce Léonie ASTRUC. Dans sa correspondance abondante, qu’il expédie depuis le front, bien souvent il s’épanche et fait partager ses émotions. À la différence des soldats lozériens (c’est un gardois) qui sont tout en retenue, Jules MARBŒUF apparaît comme un esprit révolté, critique vis à vis de ceux qui ont conduit à cette guerre qui n’en finit pas.

1

Le voici photographié avec son épouse Sophie ASTRUC née à Saint Pierre de Nogaret. Jules est né à Nîmes en 1874, il est menuisier à Gallargues comme son neveu Jean-Baptiste ASTRUC.

C’est à Gallargues qu’il décèdera en 1949.

Sa correspondance dans un style pittoresque et imagé, mêle joies et peines  et se lit, un siècle plus tard,  avec émotion.

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 Apparitions à Lenne 

Troisième partie

A la question  « Qui est Louis ? Qui est Maria ? », nous n’avons pas encore trouvé de réponse.

La Mairie de Saint Martin de Lenne que nous avons contactée n’a pas connaissance de ces apparitions. Il est vrai que  dans la Lozère « terre de prêtres »,  depuis très longtemps et bien avant la Grande Guerre, les apparitions et les miracles sont  assez fréquents (cf « La Lozère et ses images », actes du colloque 1993, édités par les Archives départementales de la Lozère).

Vision 3

 La croix plantée en terre évoque l’épée de lignage du roi Arthur…!

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 Apparitions à Lenne

Deuxième partie

Vision 2

Le récit de ces apparitions est sans doute incomplet. Les pages retrouvées relatent des visions entre le 17 et le 26 mai, elles ont probablement commencées avant.

Ces apparitions ont beaucoup de traits communs avec d’autres, comme celles de La Salette et de Fatima, où la Vierge apparait toujours entourée d’anges. A Lenne, l’archange Saint Michel porte une grande croix avec un Christ « en vrai chair », « qui touche au plafond et au plancher ». Les apparitions ont lieu dans la chambre de Louis, un jeune garçon de Lenne. Maria (sa soeur ou sa mère ?) y assiste, ainsi que plusieurs personnes venues prier. Ces phénomènes surnaturels durent environ demi-heure, tantôt le matin après la messe, tantôt l’après midi.

Qui est Louis? Qui est Maria?

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Apparitions à Lenne

Première partie

Les visions de Lenne ( le village de Lenne est situé en Aveyron)

Vision 1

« …peut-être qu’elle me l’accordera »

Parmi les lettres de la famille COMMEYRAS, on trouve, rédigé sur trois pages arrachées à un cahier d’écolier, le récit détaillé de plusieurs visions  apparues à Louis, un enfant de Lenne, entre le 17 et le 26 mai (mois de Marie). Le texte, rédigé par une main anonyme ne mentionne pas l’année de ces événements surnaturels, mais on peut faire une hypothèse : ils se situeraient en mai 1916, peu de temps avant l’entrée en guerre de la Roumanie au mois d’août 1916, aux côtés des Alliés. En effet dans la première  vision ainsi relatée, la Sainte Vierge apparaît tenant le drapeau français d’une main et le drapeau roumain de l’autre. Questionné par le jeune enfant, l’archange Saint Michel répond « lorsque la Roumanie s’y mettra ».

Restée neutre au début de la guerre on espérait l’entrée en guerre de la Roumanie, dont le nouveau roi était favorable à l’Entente, pour accélérer la fin du conflit.

Ces apparitions ont  débuté les années précédentes. Déjà en février 1915, Marie COMMEYRAS (soeur Augustine) écrit à Rosalie :« aussitôt que tu auras d’autres détails sur les visions de ce jeune enfant, tu voudras bien me le dire, que cela fut vrai et que cette malheureuse guerre finisse bientôt… »

Depuis le front, Marius VERLAGUET, lui aussi s’intéresse aux événements surnaturels : « je suis très émerveillé des faits mystérieux qui se passent à Lenne…je pense bien que toutes ces choses sortiront du brouillard et que la Sainte Vierge se manifestera plus clairement » écrit-il dans une lettre d’avril 1915, peu de temps avant sa mort.

La tragédie de la Grande  Guerre exacerbait la piété, beaucoup attendant une intercession divine pour mettre un terme au conflit. Tout au long de la guerre de nombreux événements surnaturels eurent lieu, notamment les apparitions de la Vierge à Fatima au Portugal, en mai 1917, précédées en 1915 et 1916 par les apparitions des anges.

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Des trésors dans les greniers : photo d’un régiment

soldats Mende

« Bonjour de Mende » signée C et adressée à Monsieur Commeyras au Cun, ce sont les seules indications que nous donne le verso de cette carte.

De quel régiment s’agit-il ? Le 142e RI en casernement à Mende ? Ce qui est certain c’est que la photo est très ancienne, elle a été prise avant la guerre au cours d’un exercice. On appréciera les semelles de bois cloutées des soldats assis au premier rang ! Il faut imaginer les couleurs : la capote gris-bleu, le ceinturon en cuir noirci avec sa plaque en cuivre brillant et le pantalon d’une superbe couleur rouge garance.

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Correspondances de soldats :  Joseph ALAUX   

Parmi les vieux papiers de la famille COMMEYRAS du Cun, commune de Trélans, une lettre de Jean Baptiste ASTRUC, adressée à sa belle soeur Rosalie. Dans cette lettre Jean Baptiste fait le récit des derniers instants de Joseph ALLAUX, neveu de Rosalie.

Pour connaitre le contenu de cette lettre et savoir qui est Jean Baptiste, cliquez sur le lien ci-dessus.

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Correspondances de soldats : Jean Augustin MAJOREL

Dans la correspondance de Jean Baptiste COMMEYRAS il est souvent question de MAJOREL

M 1

Classe 1892, comme Jean Baptiste COMMEYRAS et même régiment, né à Saint Pierre de Nogaret, Jean Augustin MAJOREL a fait la guerre aux côtés de Jean Baptiste.

En 1902, il est réformé comme soutien de famille, d’autant plus qu’il souffre d’ anémie et  de palpitations cardiaques. Il n’empêche, le 25 septembre 1914, il est mobilisé  jusqu’en 1919 ! Il revient vivant certes mais profondément traumatisé. En 1920 une demande de pension est faite car il souffre de troubles psychologiques et physiques. Par moments il ne parle pas  et ne s’alimente pas. La pension est refusée … ! L’Armée  n’a pas reconnu facilement ces traumatismes comme la conséquence des souffrances supportées par les soldats pendant la guerre.

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Correspondances de soldats : Jean Baptiste COMMEYRAS 

Cinquième partie

Guerre 12

Pendant la guerre, Jean Baptiste a souffert mais il gardait malgré tout assez d’ humour pour envoyer cette carte.

Il pensait très souvent à ses parents et amis, une façon sans doute de garder le moral. Dans ses lettres il demande à sa soeur de donner le bonjour à Emile NOURRIGAT, à la famille GERMAIN de Noubloux, à Augustin ALLAUX, à GINESTE de Trélans, à  Baptiste MARCILLAC. A tous, il lui tarde de « payer une bonne chopine » et bien sûr il n’oublie pas « un mimi » pour sa nièce Paulette.

Mais il y a un nom qui revient très souvent, celui de MAJOREL de Saint Pierre qui fait la guerre dans le même régiment que Jean Baptiste. Sa présence à ses côtés semble pour lui un réconfort. Qui est ce compagnon d’infortune ?… suite la semaine prochaine.

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Correspondances de soldats Jean Baptiste COMMEYRAS 

Quatrième partie

Permis de circuler

Les hommes mobilisés, c’est Rosalie seule qui exploite la ferme familiale. Depuis le front, Jean Baptiste s’inquiète et chacune de ses lettres évoque les travaux agricoles et les soucis du moment. Il  y a aussi des conseils pour aider Rosalie et la rassurer:

« Quant à la maison, il te faut faire à ton idée, pourvu que tu soignes les bestiaux, ça sera bien assez… » (24/01/1915)

« Tu me diras aussi si tu as assez de fourrage, si tu vois qu’il t’en manque, il faut vendre les brebis… » (24/02/1915)

« Mais je vois que tu te fais du mauvais sang pour le travail, il ne faut pas te décourager, tout de même, peut-être que ça finira plus tôt que ce que l’on croit et nous reviendrons reprendre notre travail… » (08/05/1915)

Puis le moment de la fenaison arrive. Jean Baptiste a espéré une permission. Espoir déçu :

« Et je crois que dans le pays vous devez en avoir assez, car l’époque des grands travaux est venue et le monde sera bien embarrassé pour faire le travail et vous autres surtout je crois que vous serez obligés de laisser périr le fourrage. Je croyais venir pour faucher, mais maintenant je crois que nous ne serons pas encore rentrés de ce moment, ces sacrés cochons de Boches ont le tête tellement dure… » (14/06/1915)

« Il vous faudra faire manger les prés aux vaches et l’automne on les vendra ou on les tuera pour avoir de la viande à passer l’hiver… » (01/07/1916)

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Correspondances de soldats : Jean Baptiste COMMEYRAS 

Troisième partie

Jean Baptiste écrit régulièrement à ses soeurs. Il écrit au crayon à papier, d’une grosse écriture avec une orthographe maladroite.

4 b

« …dans notre petit bois on et à peu près comme les lapins, on ne sort que la nuit… » Dans une autre lettre il se compare avec ses camarades dans les tranchées, aux renards dans leurs terriers. Ses lettres se veulent rassurantes, pourtant Jean Baptiste s’est trouvé sur des fronts où se livrent de durs combats: en 1915 il est en Belgique, puis en Champagne, en 1916 à Verdun et en 1917 au Chemin des Dames. Si comme beaucoup de soldats il ne fait pas allusion aux horreurs des combats pour ne pas inquiéter sa famille, il fait part en revanche de son « raz le bol » :« On ne va pas nous faire passer le reste de notre vie comme ça. » « Je pense que ça va durer 100 ans… »

S’il traite parfois les ennemis de « cochons », il montre aussi de la compréhension à leur égard: « …les Boches n’ont pas été trop méchants de notre côté, je pense qu’il doivent être comme nous, en avoir assez… »

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Correspondances de soldats : Jean Baptiste COMMEYRAS 

Deuxième partie

Baptiste

Nous n’avons pas trouvé de photo de Jean Baptiste soldat. La seule photo que nous ayons conservée de lui, le montre déjà âgé.

Il décède en 1953 à l’âge de 81 ans. Jean Baptiste a vécu au Cun, commune de Trélans, dans la ferme familiale qu’il travaille avec sa soeur Rosalie. Tous deux sont restés célibataires.

En 1914, lors de la mobilisation, il a 42 ans ! Il est donc affecté dans un régiment de réserve : le 342e Régiment d’ Infanterie, c’est à dire la réserve du 142e RI. En octobre 1917 il passe au 20e Régiment Territorial d’Infanterie.

Il sera libéré du service militaire le 1er octobre 1919. Que de soucis pour lui pendant ces années de guerre en pensant aux travaux agricoles, et au dur labeur que Rosalie doit accomplir toute seule.

Au cours des prochaines semaines, nous  donnerons des extraits de ses nombreuses lettres.

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Correspondances de soldats : Jean Baptiste COMMEYRAS 

Première partie

Jean Baptiste COMMEYRAS a lui aussi fait toute la guerre et il en est revenu vivant.

Né le 15 octobre 1872, à Trélans, Jean Baptiste est de la classe 1892. Le service militaire dure alors 3 ans, par tirage au sort. Jean Baptiste tire le numéro 44 du canton de Saint Germain du Teil. Le Conseil de Révision le déclare Bon pour le service. Mais en 1893 il est ajourné pour faiblesse. À compter du 13 novembre 1894, il est déclaré Bon et il est incorporé dans le 122e de Ligne. Le 24 septembre 1895, il est envoyé en congé. Il n’a donc accompli qu’un an de service car il est dispensé comme aîné de veuve. Sa mère Rose MARCILLAC épouse COMMEYRAS, veuve depuis 1892, a six enfants à charge.

Cette dispense n’empêche pas Jean Baptiste d’être placé dans la Réserve et d’être convoqué pour deux périodes d’exercices en 1899 et 1903. Voici l’Ordre d’Appel pour la première période qui  a lieu à Lodève dans le 142e RI1

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Correspondances de soldats : Antoine COMMEYRAS 

Sixième partie

Le 7 janvier 1918, de l’île de Mytilène, où il se trouve désormais, Antoine envoie cette belle vue du petit port :

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La guerre ne finit pas, et au verso de la carte, le texte est un peu nostalgique : « … j’espère que Baptiste ainsi que le beau frère sont parmi vous et que vous avez eu le temps de tuer le cochon et de faire les saucisses. L’ année dernière j’avais pu y assister, mais cette année je suis bien loin. »

Antoine ne rentrera en France que fin 1919 !

La semaine prochaine, nous commencerons le parcours de guerre de son frère Baptiste.

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Correspondances de soldats : Antoine COMMEYRAS 

Cinquième partie

Les ânes de Grèce plaisent beaucoup à Antoine.

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Le 15 janvier 1918, il envoie cette carte avec une pensée pour Paulette sa petite nièce: « … j’espère que Paulette aura pu s’amuser un peu. Je vois qu’elle est toujours bien gentille… en revenant je lui amènerai un petit âne grec qu’elle pourra monter dessus pour aller à Trélans à la messe… »

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Correpondances de soldats : Antoine COMMEYRAS 

Quatrième partie

Reprenons le parcours de guerre d’ Antoine COMMEYRAS.

En 1917, le « service auto » dans lequel se trouve Antoine, est affecté à l’Armée Française d’Orient, dans la région de Salonique. Antoine va s’intéresser beaucoup à ce pays, acheter de nombreuses cartes postales dont plusieurs dizaines ont été conservées, parmi lesquelles, celle ci :

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Mais le 16 juillet 1917, il envoie à sa soeur une carte dans laquelle il décrit la région, de manière un peu moins folklorique :

« … ici le pays n’est pas très riche, je peux même vous le comparer qu’à Nogaré, rien que de montagnes de rochers, comme culture du blé et un peu de tabac, et les femmes qui travaillent les champs avec la pioche et les hommes les surveillent le matin, et le soir on les voit, l’homme sur un bourricot et 5 ou 6 femmes qui le suivent… »

Par ailleurs Antoine n’aime guère la cuisine à l’huile d’olive très répandue dans le pays car peu coûteuse.

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Des trésors dans les greniers : Pâques

Dans la famille COMMEYRAS, Marie était religieuse, c’est elle qui envoie la carte ci-dessous à son frère Jean Baptiste,  à l’occasion de la fête de Pâques 1917. Le ruban tricolore est en tissu!

alleluia 1

« Mon cher frère,

C’est le jour de Pâques il faut bien te dire bon Alleluia, même dans les tranchées. Que bientôt vous puissiez le chanter dans la petite église de Trélans… »

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Des trésors dans les greniers : carte 1er avril 

Quand les ami(e)s n’oubliaient pas les traditions…

Poisson d'avril

Chère amie,

Je ne peux pas passer le mois des poissons sans t’en faire adresser un. Ils sont beaux les poissons du Tarn et on ne risque pas s’étrangler en les avalant…

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Correspondances de soldats : Antoine COMMEYRAS 

Troisième partie

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Des soldats éprouvés qui reviennent du front. Cent ans plus tard ils nous fixent avec la même intensité.

Antoine envoie cette photo à sa soeur, au début de la guerre, il est alors dans l’Infanterie. Il écrit: « je crois que tu ne me reconnaîtras pas car on n’est pas bien frais d’avoir si souffert ».

Où est-il sur cette photo? Rosalie l’a-t-elle reconnu? S’agit-il du soldat au deuxième rang, l’avant dernier à gauche?

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Correspondances de soldats : Antoine COMMEYRAS 

Deuxième partie

service Antoine

Un papier à lettres « artistique », c’est celui qu’utilise Antoine le 9 décembre 1900, alors qu’il vient de commencer son service militaire à Briançon dans le 159e Régiment d’Infanterie Alpine. « C’est un nouveau métier qui ne me convient pas beaucoup, je serai bien content de repartir, mais je n’ai fait que 25 jours, encore je n’ai pas besoin de compter » dit-il. Malgré tout il compte, en dessous de sa signature il ajoute « 1010 jours à faire »…!

Il n’apprécie pas la haute montagne: « c’est un sale pays, il tombe de la neige tous les jours et un froid qui casse la figure, il faut sortir quand même avec le fusil qui se colle aux doigts. Nous sommes assez bien nourris, c’est ça qui nous tient, nous avons un quart de vin par repas, toutes les casernes n’ont pas ça… » et il ajoute à l’intention de ses soeurs « je pense que vous pouvez commencer de faire une paire de chaussettes car si je viens au premier de l’An je les prendrai »

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Correspondances de soldats : Antoine COMMEYRAS 

Première partie

Dans le grenier de la maison COMMEYRAS , il y a bien sûr de nombreux documents évoquant le parcours de guerre des deux frères : Jean Baptiste et Antoine.

Commençons par Antoine.

Né le 2 janvier 1879 au Cun, Antoine était le fils de Jean Baptiste COMMEYRAS et Rose MARCILLAC.

Il habitait Paris avant et après la guerre où il a exercé différents emplois: domestique, employé des Pompes funèbres, courtier en vin. Il appréciait beaucoup la capitale: « rien n’est plus beau que Paris » écrivait-il à ses soeurs pour les convaincre de venir s’y installer.

Il meurt à l’âge de  49 ans en 1929. Il était célibataire.

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Antoine accomplit son service militaire de 1900 à 1903 dans le 159e Régiment d’Infanterie Alpine à Briançon. Il a été tambour.

Mobilisé le 4 août 1914 d’abord dans l’Infanterie (123e, 112e et 258e RI) puis dans le 16e Escadron du Train des Équipages Militaires Auto, il fait alors la guerre en Orient.

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Il y a cent ans…

Il y a cent ans, à la fin du mois de février 1915, déjà 6 soldats tués parmi les 24 inscrits sur le Monument aux Morts de la commune de Trélans. Rappelons leurs noms:

  • Augustin ASTRUC, mort le 12 août 1914 à Lagarde en Lorraine.
  • Jean Baptiste REVERSAT, mort le 1er décembre 1914 à Zillebeck en Belgique.
  • Lucien RAYMON, mort le 30 décembre 1914 à Verdun dans la Meuse.
  • Marius PARAYRE, mort le 9 février 1915 à l’ambulance n°2 de Saint Jean sur Tourbe dans la Marne.
  • Joseph ALLAUX, mort le 14 février 1914 à l’hôpital temporaire de Nice.
  • Joseph VERLAGUET, mort le 19 février à Lesseux, côte 607,dans les Vosges.Trélans Monument aux Morts

Photo ancienne du Monument aux Morts de Trélans, trouvée récemment sur le site des Archives de la Lozère. La grille était encore là…

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Des trésors dans les greniers : Camp du LarzacLarzac 1

C’est  au Larzac, dans ce camp de tentes que de nombreux soldats lozériens ont accompli avant la Première Guerre Mondiale, des périodes d’exercices obligatoires qui duraient une quinzaine de jours. Antoine COMMEYRAS envoie cette carte à sa soeur Anna et il écrit « heureusement que ça sera bientôt fini… »

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Des trésors dans les greniers : carte Saint Valentin

Bientôt la Saint-Valentin ! À la Belle Époque beaucoup de cartes postales représentant des amoureux ont été éditées, comme celle que Léonie COMMEYRAS reçoit probablement à l’occasion de son mariage.

Saint Valentin

« L’ Amour Vainqueur, Le Trouble »

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Monument aux Morts de St Pierre de Nogaret : Antoine RODIER

Monument Saint-Pierre

Sur le Monument aux Morts de Saint Pierre de Nogaret (photo ci-dessus) et sur celui des Salces, on trouve le nom d’un soldat né à Trélans. Mais ce nom ne figure pas sur le Monument de Trélans. Pourquoi ?

L’explication nous est donnée par Jean Claude ROUVIÈRE qui écrit avec Lucie BOULET, dans la revue Lou Païs, des articles passionnants au sujet des Poilus lozériens.

Marie Antoine Firmin RODIER, c’est le nom de ce soldat oublié par son village natal, est né à Trélans le 15 novembre 1881. Il est le fils de Firmin RODIER et de Julie CALMET. En 1901, au moment où Firmin passe devant le Conseil de Révision, il habite Ganges (34) et ses parents sont domiciliés aux Salces. La famille n’a plus d’attaches  à Trélans.

En 1908, Firmin épouse, à Saint Pierre de Nogaret, Séraphie MAGNE. Le registre matricule de Firmin indique que le couple s’est installé en avril 1914, à La Falgouse, commune de Saint Pierre mais paroisse de Trélans.

Firmin est mobilisé en août 1914 dans le 416e RI puis le 22e Ri. Il est blessé à Tahure en 1915: éraflure du dos par éclat d’obus. La blessure n’est pas la « fine blessure  » qui lui permettrait d’être réformé. Le revoilà sur le front où il est tué le 29 mars 1917 au combat d’Essigny le Grand dans l’Aisne. Sa dépouille repose dans le Carré militaire d’Artemps (Aisne).

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Correspondances de soldats :  Joseph ALAUX 

Beaucoup d’émotion en retrouvant cette carte écrite par Joseph ALLAUX  à sa tante Rosalie, le 2 janvier 1915. Joseph est mort un mois plus tard (il est inscrit sur le Monument aux Morts de Trélans, voir la rubrique 24 Destins). Il fait alors ses classes  près de Nice, avant de partir sur le front:

« Lundi nous avons marché de nuit et il faudra aller grimper la nuit dans les bois, apprendre à faire la guerre. On nous parle déjà qu’on nous demande là-haut pour secourir les autres, car après un assaut à la baïonnette ils ont perdu beaucoup du 24e en Alsace. »

Joseph Allaux 1

Quel décalage entre la sérénité qui se dégage de cette vue prise sur la terrasse du casino de Monte Carlo et le sort qui attend Joseph !

En une phrase très simple Joseph résume bien ce que ressentent tous les soldats:« …vous ne devez pas être sans travail, il me semble le voir, mais encore ce n’est rien quand on est dans sa maison »

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Correspondances de soldats : Sylvain MARCILLAC

Autre belle figure de  prêtre de Trélans,  Sylvain MARCILLAC  (1885-1948) envoie pendant la guerre,  cette photo à ses cousins COMMEYRAS. Il s’est désigné par une croix, devant l’infirmerie où il  est affecté.

3 a

Sa conduite a été celle d’un : «  soldat brancardier d’un dévouement absolu, malgré un bombardement très violent et sous les rafales de mitrailleuses a donné ses soins aux blessés sans aucun souci du danger, faisant l’admiration de ses camarades. » (registre matricule).

Il était l’oncle de Sylvain MARCILLAC célèbre prêtre archiviste du diocèse de Mende, décédé en 2007.

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Correspondances de soldats : Marius ASTRUC

Revenons à la guerre. Dans les papiers COMMEYRAS, nous avons trouvé cette carte.

Marius Astruc 4

La carte est écrite par Marius ASTRUC, frère des deux soldats ASTRUC de Trélans, Morts pour la France. Marius a eu le vie sauve. Sa conduite pendant la guerre a été celle d’un « soldat d’un courage et d’un sang-froid remarquable. Exemple constant pour ses camarades. A donné de nouvelles preuves de ses belles qualités au cours des combats du 31 mai 1917. » (registre matricule)

Marius était prêtre et après la guerre, jusqu’à sa retraite, il exercera dans le diocèse de Versailles. Il a été, notamment prêtre au Blanc Mesnil.

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Des trésors dans les greniers : Cahier d’écolier

Cette fois ci, c’est le grenier de la maison Cabirou qui s’est ouvert !

En 1866, Delphine Delpuech, jeune fille alors âgée de 18 ans, née à Trélans, rédige son cahier d’histoire de France, précédée de l’histoire de la Gaule, le tout joliment calligraphié.

Nous ne savons pas où Delphine a fait ses études, mais nous savons que son père était instituteur à Saint Pierre de Nogaret.

Delphine

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Des trésors dans les greniers : Voeux de Bonne Année

 « Bonne année : voila ce que tout le monde se dit aujourd’hui… »

Léonie 1

Voici les voeux joliment exprimés en 1901 par Léonie, jeune fille du Cun, âgée de 15 ans, à l’intention de sa soeur aînée. Si la ponctuation n’est pas très rigoureuse, le style est élégant et l’expression des sentiments est émouvante.

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Des trésors dans les greniers : Église de Trélans

Pour souhaiter un Joyeux Noël à tous,  voici une carte représentant l’intérieur de  l’église de Trélans, expédiée en 1907, une dizaine d’années environ après sa construction.

église 1

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Des trésors dans les greniers: cahier d’écolier

A l’école communale de Noubloux, en 1894,  l ‘institutrice Madame JURQUET avait donné à ses petits élèves, ce sujet de composition française : « Dites comment on vit dans votre village. Comment on s’occupe. Ce qu’on produit. Ce qu’on achète. Conclusion. »

Rosalie COMMEYRAS, âgée d’une dizaine d’années, rédige avec application, le texte suivant :

Cahier 8

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Des trésors dans les greniers: Monument aux Morts de Trélans

Monument 1 Antoine COMMEYRAS envoie cette carte de  Paris où il est installé déjà en 1909, il est employé aux Pompes Funèbres, il exerce également une activité de courtage en vins. Les nouvelles qu’il envoie depuis la capitale ne manquent pas d’intérêt pour l’histoire de Trélans! Les voici :

« Paris le 29 décembre 1922

Chers frère et soeur,

Voila une nouvelle année qui s’approche, et je m’empresse de venir vous offrir mes voeux et souhaits de bonne année, une bonne santé, longue vie et bonne réussite  dans toutes vos entreprises. Moi je me porte toujours bien ainsi que Marie que j’ai vu dernièrement. J’ai reçu une lettre de Monsieur le Curé pour donner quelque chose pour faire un monument pour les soldats morts, et j’ai fait une tournée pour voir les pays avec Basile BOISSONADE, et on a ramassé dans les 1200  francs. On les enverra un de ces jours. Au plaisir de vos nouvelles je vous embrasse. »

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Des trésors dans les greniers : tickets de rationnement

Tckets 2Les greniers recèlent parfois des « trésors ». C’est le cas du grenier de l’ancienne  maison de la famille COMMEYRAS au Cun. Les nouveaux propriétaires de la maison, Liliane et Gérard BÉCHER, ont fait de belles découvertes, qu’ils ont eu la bonne idée d’offrir à la Commune. Il s’agit d’archives familiales : lettres, cartes postales, correspondances de soldats pendant la Grande Guerre, cahiers d’écoliers…  Tous ces documents permettent de faire revivre le village de Trélans au XIXe et au début du XXe siècle.

Le classement de ce fonds est en cours, et régulièrement, des informations seront données, dans cette rubrique, sur  le contenu de ces archives.

Pour commencer, voici des tickets de rationnement pour le pain reçus par la famille en 1919.

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Cérémonie du 11 novembre  à Trélans

Année 2014

Une grande affluence pour écouter devant le Monument aux Morts les évocations des soldats de Trélans morts pour la France. Ces 24 textes étaient lus par des Trélandais, mais aussi par des descendants de soldats venus de communes voisines.P1030481

Laissons la parole à Alain REY, conseiller municipal, qui dans son  émouvante allocution a rappelé les objectifs du Parcours de Mémoire  et a conclu en ces termes :

« Je voudrais conclure sur cette question de la transmission en faisant appel aux rêves de paix de tous ceux qui, dans les tranchées et dans les villages ont vécu cette époque terrible. Imaginez leurs rêves ! Ils étaient remplis d’images de paix, d’unité, de retrouvailles.(…) Nous sommes les héritiers des rêves réalisés et non réalisés de tous ceux qui ont vécu cette époque. Dans la transmission, c’est cette chaîne-là que nous avons à rendre vivante. Une chaîne de paix. Une chaîne d’humanité. » Pour lire cette allocution dans son intégralité, cliquez ici.

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